Le président cubain en visite d'Etat chez son vieil allié angolais
Le président cubain Raul Castro, qui effectue actuellement sa première tournée hors d'Amérique latine, s'est entretenu jeudi à Luanda avec son homologue José Eduardo dos Santos pour renforcer la "coopération et l'amitié" entre les deux pays, alliés historiques.
Le leader cubain, qui vient de passer huit jours en Russie, est arrivé mercredi soir à Luanda avec une importante délégation pour consolider des relations établies en 1976, juste après l'indépendance de l'ancienne colonie portugaise.
Raul Castro, 77 ans, qui a pris la relève à la tête de l'Etat de son frère Fidel (82 ans), malade, en juillet 2006, a discuté jeudi matin en tête-à-tête avec le président dos Santos, avant de participer à une session extraordinaire à l'Assemblée nationale.
A l'issue de leur entretien, le chef de l'Etat angolais a salué "la similarité de destin" entre les deux pays qui ne "se sont jamais placés dans une situation de dépendance" et ont "défini leur propre route", a rapporté l'agence d'Etat Angop.
Il a également loué les "résultats extraordinaires" de Cuba en matière de santé et d'éducation, deux domaines au coeur de la coopération bilatérale.
En trente ans de collaboration, plus de 10.000 médecins ou soignants cubains ont travaillé en Angola et environ 16.500 professeurs. En retour, plus de 18.000 Angolais ont suivi des études sur l'île des Caraïbes, a précisé l'agence.
"Officiellement, la visite de Raul Castro porte sur ces secteurs économiques et sociaux", a expliqué à l'AFP Paula Roque, spécialiste de l'Angola au sein de l'Institut pour les études de sécurité (ISS) à Pretoria.
"Mais, selon mes sources, elle porte aussi sur les questions de défense", a-t-elle dit, expliquant que des officiers cubains forment depuis quelques mois leurs homologues angolais dans un institut militaire à Luanda.
Aucune information officielle n'a filtré à ce sujet, mais la coopération militaire est un élément clé de la relation cubano-angolaise.
Dès les années 60, La Havane a aidé les Angolais à lutter contre les colons. Et, à l'indépendance, des milliers de soldats cubains ont permis au Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) du président Agostinho Neto de repousser l'attaque de mouvements rebelles.
A la mort de Agostinho Neto en 1979, M. dos Santos a pris la tête du pays et a continué à bénéficier de l'aide cubaine contre l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), soutenue par les Etats-Unis et l'Afrique du Sud de l'apartheid.
Le contingent cubain sur le sol angolais a compté jusqu'à 30.000 hommes dans les années 80. Ces troupes se sont finalement retirées à la fin de la guerre froide dans le cadre d'un accord régional prévoyant que les Sud-Africains quittent la Namibie, frontalière de l'Angola.
La guerre civile angolaise s'est poursuivie, mais sans sa dimension internationale, jusqu'à la mort du leader de l'Unita, Jonas Savimbi, en 2002.
Depuis, le régime du président dos Santos n'a cessé de diversifier ses alliances, profitant de la manne pétrolière -- l'Angola rivalise avec le Nigeria pour la place de premier producteur de brut d'Afrique -- pour attirer de nouveaux acteurs.
"Il a développé des liens avec la Chine, les Etats-Unis... mais il ne renie pas pour autant ses alliés de la guerre froide", a estimé Paula Roque. "Il ne veut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier."
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