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February 05, 2009

Le président cubain en visite d'Etat chez son vieil allié angolais

Le président cubain Raul Castro, qui effectue actuellement sa première tournée hors d'Amérique latine, s'est entretenu jeudi à Luanda avec son homologue José Eduardo dos Santos pour renforcer la "coopération et l'amitié" entre les deux pays, alliés historiques.

Le leader cubain, qui vient de passer huit jours en Russie, est arrivé mercredi soir à Luanda avec une importante délégation pour consolider des relations établies en 1976, juste après l'indépendance de l'ancienne colonie portugaise.

Raul Castro, 77 ans, qui a pris la relève à la tête de l'Etat de son frère Fidel (82 ans), malade, en juillet 2006, a discuté jeudi matin en tête-à-tête avec le président dos Santos, avant de participer à une session extraordinaire à l'Assemblée nationale.

A l'issue de leur entretien, le chef de l'Etat angolais a salué "la similarité de destin" entre les deux pays qui ne "se sont jamais placés dans une situation de dépendance" et ont "défini leur propre route", a rapporté l'agence d'Etat Angop.

Il a également loué les "résultats extraordinaires" de Cuba en matière de santé et d'éducation, deux domaines au coeur de la coopération bilatérale.

En trente ans de collaboration, plus de 10.000 médecins ou soignants cubains ont travaillé en Angola et environ 16.500 professeurs. En retour, plus de 18.000 Angolais ont suivi des études sur l'île des Caraïbes, a précisé l'agence.

"Officiellement, la visite de Raul Castro porte sur ces secteurs économiques et sociaux", a expliqué à l'AFP Paula Roque, spécialiste de l'Angola au sein de l'Institut pour les études de sécurité (ISS) à Pretoria.

"Mais, selon mes sources, elle porte aussi sur les questions de défense", a-t-elle dit, expliquant que des officiers cubains forment depuis quelques mois leurs homologues angolais dans un institut militaire à Luanda.

Aucune information officielle n'a filtré à ce sujet, mais la coopération militaire est un élément clé de la relation cubano-angolaise.

Dès les années 60, La Havane a aidé les Angolais à lutter contre les colons. Et, à l'indépendance, des milliers de soldats cubains ont permis au Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) du président Agostinho Neto de repousser l'attaque de mouvements rebelles.

A la mort de Agostinho Neto en 1979, M. dos Santos a pris la tête du pays et a continué à bénéficier de l'aide cubaine contre l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), soutenue par les Etats-Unis et l'Afrique du Sud de l'apartheid.

Le contingent cubain sur le sol angolais a compté jusqu'à 30.000 hommes dans les années 80. Ces troupes se sont finalement retirées à la fin de la guerre froide dans le cadre d'un accord régional prévoyant que les Sud-Africains quittent la Namibie, frontalière de l'Angola.

La guerre civile angolaise s'est poursuivie, mais sans sa dimension internationale, jusqu'à la mort du leader de l'Unita, Jonas Savimbi, en 2002.

Depuis, le régime du président dos Santos n'a cessé de diversifier ses alliances, profitant de la manne pétrolière -- l'Angola rivalise avec le Nigeria pour la place de premier producteur de brut d'Afrique -- pour attirer de nouveaux acteurs.

"Il a développé des liens avec la Chine, les Etats-Unis... mais il ne renie pas pour autant ses alliés de la guerre froide", a estimé Paula Roque. "Il ne veut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier."

February 02, 2009

Kadhafi, "roi des rois traditionnels d'Afrique", élu à la tête de l'Union africaine

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui entend désormais se faire appeler "roi des rois traditionnels d'Afrique", a été élu lundi à la tête de l'Union africaine (UA) pour un an, lors d'un sommet de l'organisation à Addis Abeba.

Bien que la volonté de M. Kadhafi d'instaurer un "gouvernement de l'Union" conduisant à des "Etats-Unis d'Afrique" effraie bon nombre de chefs d'Etat du continent, ceux-ci l'ont élu à la présidence en exercice de l'UA, essentiellement pour des questions d'équilibre politique entre les différentes régions africaines.

Selon la règle de l'UA, la présidence revenait cette année à l'Afrique du Nord, après l'Afrique de l'Est. Et Mouammar Kadhafi était le seul dirigeant d'Afrique du Nord présent à Addis Abeba.

Beaucoup d'Africains ne voyaient pas d'un bon oeil son accession à la tête de l'UA, selon des entretiens avec des participants au sommet.

Aussi, certains pays ont tenté une promouvoir une présidence d'Afrique australe, d'autant que le prochain sommet se tiendra en juillet à Madagascar. En vain.

Selon des sources concordantes, le Guide de la Jamahiriya libyenne a déjà fait passer à ses pairs un message demandant à être désormais officiellement appelé "roi des rois traditionnels d'Afrique", après avoir été "adoubé" par un groupe de chefs traditionnels il y a quelques semaines en Libye.

Il était d'ailleurs accompagné au sommet par sept "rois" en costume traditionnel chamarré parfois couvert de métal brillant, qui ont toutefois eu du mal à rester dans son sillage en raison des mesures de la sécurité éthiopienne.

Dans son discours d'adieu, son prédécesseur à la présidence de l'UA, le Tanzanien Jakaya Kikwete, a invité ses pairs à se consacrer davantage au développement du continent. Le thème officiel du sommet "développement des infrastructures" en Afrique - une "priorité" selon le président de la Commission de l'UA, Jean Ping - ne devait être abordé que lundi après-midi.

"Nous consacrons beaucoup trop de temps à régler les conflits ou les partages de pouvoir entre nos politiciens. Il faut que nous redéfinissions nos priorités pour nous consacrer au développement de nos économies (...) pour nous libérer de la honte qui est la nôtre d'être le continent le plus pauvre du monde", a déclaré le président tanzanien.

Dimanche, les chefs d'Etat et leurs représentants ont débattu à huis clos pendant une dizaine d'heures uniquement sur le "gouvernement de l'Union" cher à M. Kadhafi.

Les débats se sont achevés sans grande avancée: les dirigeants ont simplement convenu de changer la dénomination de la Commission, organe exécutif de l'UA, en l'appelant "autorité africaine", a rappelé M. Kikwete dans son discours avant de souligner que cela ouvre la voie à "une institution avec un mandat plus fort, de plus fortes capacités, qui nous dirige vers l'objectif du gouvernement de l'Union".

Prenant la parole après son élection, M. Kadhafi a "espéré que son mandat (serait) un temps de travail sérieux et pas seulement de mots", insistant sur la nécessité "de pousser l'Afrique en avant vers les Etats-Unis d'Afrique. Je continuerai et insisterai pour que les Etats souverains (que nous sommes) parviennent aux Etats-Unis d'Afrique", a-t-il martelé.

Cette deuxième journée de sommet, à laquelle assiste le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, doit également être l'occasion d'évoquer les crises du continent, comme la Somalie, le Darfour, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe, et les récents coups d'Etat en Mauritanie et en Guinée.

Madagascar: dépôt lundi d'une demande de destitution du président

Le maire d'Antananarivo Andry Rajoelina a annoncé lundi devant plusieurs milliers de partisans qu'il allait déposer dans l'après-midi une demande de destitution du président de Madagascar Marc Ravalomanana.

"Cet après-midi, je vais remettre à la Haute Cour constitutionnelle (HCC) la demande officielle pour la déchéance du président", a affirmé Andry Rajoelina à la faveur d'un nouveau rassemblement organisé sur la place du 13 Mai, au coeur de la capitale malgache.

"Nous allons suivre les procédures et nous allons attendre la déclaration de la Haute Cour constitutionnelle, de l'Assemblée nationale et du Sénat", a-t-il ajouté, appelant la communauté internationale à ne "pas se rendre complice d'un régime qui a bafoué la Constitution".

Le maire frondeur d'Antananarivo a également assuré qu'il était "en train de mettre en place la structure de la transition" et qu'il allait faire une tournée en province "dans quelques jours".

Plus de 5.000 partisans et curieux, une affluence bien en deçà de celle du précédent rassemblement samedi, ont écouté lundi le discours du maire avant de se disperser dans le calme.

Aucun dispositif sécuritaire, hormis le service d'ordre du maire, n'était visible sur et aux abords de la place.

Moammar Kadhafi élu à la tête de l'Union africaine

Kadhafi ( Beningate.net)Le colonel libyen Moammar Kadhafi a été élu lundi à la tête de l'Union africaine (UA), a annoncé lundi le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa.

L'ancien ministre égyptien des Affaires étrangères a ainsi devancé l'annonce officielle de cette élection dans le discours qu'il a prononcé devant plus d'une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement.

La présidence de l'UA est un poste tournant détenu pour un an pour les chefs d'Etat-membre. C'est un poste qui peut servir de plate-forme aux dirigeants pour tenter d'influer sur la politique du continent.

Kadhafi a assisté à ce discours vêtu d'une gandoura brodée d'or aux côtés de sept autres dirigeants à l'accoutrement extravagant qui se sont baptisés eux-mêmes comme les "rois traditionnels de l'Afrique".

En 2008, Kadhafi s'était proclamé "roi des rois" parmi ces dirigeants africains. AP