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December 30, 2008

Présidentielle au Ghana: la victoire se dessine pour le candidat d'opposition

L'opposant John Atta-Mills semblait en passe lundi soir de remporter de justesse le second tour de la présidentielle au Ghana, selon des résultats non officiels rapportés par des médias locaux portant sur plus de 80% des 230 circonscriptions.

Alors que les opérations de dépouillement ont commencé après la fermeture des bureaux dimanche à 17H00 (locales et GMT), la radio privée Joy FM donne le candidat du Congrès national démocratique (NDC) gagnant, avec 51,05% des suffrages exprimés, contre 48,90% à Nana Akufo Addo, du Nouveau parti patriotique (NPP, au pouvoir), sur 219 circonscriptions.

La chaîne privée Metro-TV donnait une tendance similaire sur 225 circonscriptions, avec 50,43% des suffrages exprimés à Atta-Mills contre 49,57% à Akufo Addo.

Les premiers chiffres officiels indiquent également que John Atta-Mills possède une légère avance, mais ces résultats ne portent que sur 38 circonscriptions. La commission électorale nationale devrait annoncer le résultat final mardi vers midi (locale et GMT).

Des dizaines de partisans d'Atta-Mills n'ont pas attendu cette échéance, malgré le résultat très serré, pour célébrer leur "victoire" lundi dans les rues d'Accra au fur et à mesure que la tendance paraissait se confirmer.

"La commission électorale n'a pas fini son travail, mais beaucoup d'entre vous savez que nous avons beaucoup de chances de diriger ce pays", a lancé John Atta-Mills, éternel dauphin de Jerry Rawlings, depuis le QG de son parti.

"Vu l'étroitesse des écarts dans cette élection, tout peut arriver", a tempéré le président du NPP, Peter MacManu. "Nous sommes aussi très confiants en notre victoire mais nous avons choisi (...) d'attendre que la commission électorale fasse son travail".

Ces résultats partiels et non officiels, s'ils se confirment, constitueraient un retournement de tendance par rapport au premier tour du 7 décembre qui avaient mis aux prises sept candidats, et avait été remporté de peu par Nana Akufo Addo, un avocat de 64 ans, avec 49,13% des suffrages, contre 47,92% à John Atta-Mills, un professeur de droit également âgé de 64 ans.

Pour sa troisième participation, Atta-Mills se sentait d'autant plus confiant que, parallèlement au premier tour de la présidentielle, le NDC avait assez nettement remporté la majorité au Parlement (114 sièges contre 107 pour le NPP). Les 9 sièges restants sont revenus à des partis minoritaires ou à des indépendants.

"Quelle que soit la nouvelle majorité, que le nouveau président soit Akufo Addo ou Atta-Mills, il faudra l'accepter et vivre avec pour les quatre prochaines années", avait pour sa part déclaré John Kufuor à la veille du scrutin.

Quelque 12,5 millions de Ghanéens étaient appelés à voter pour choisir un successeur à ce dernier, qui quitte la scène après huit ans de pouvoir en léguant un pays considéré comme un modèle de démocratie en Afrique.

Si le premier tour a été unanimement salué comme un exemple de transparence et de démocratie pacifique, le second a été alourdi par des accusations croisées de fraude, alors que les observateurs étrangers veulent toujours croire que ce scrutin servira de modèle à tout le continent africain.

Pour Valérie Amos, qui dirige la mission du Commonwealth, ce second tour demeure crédible en dépit des rumeurs ambiantes. "Le scrutin est dans la ligne de celui du 7 décembre", a-t-elle dit lundi à l'AFP.

La secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, avait pour sa part estimé dès dimanche soir que les deux partis en lice se comportaient de façon "irresponsable" en se jetant à la figure des accusations de fraude.

Pour elle, surtout après le coup d'état militaire d'il y a quelques jours en Guinée, cette élection ghanéenne doit plus que jamais être considérée "comme un test, voire un référendum sur la démocratie à travers toute l'Afrique".

http://fr.news.yahoo.com/2/20081229/twl-presidentielle-au-ghana-la-victoire-f8fd361.html

December 23, 2008

Guinée. Coup de force en cours

Quelques heures après l'annonce de la mort du général-président Lansana Conté, des militaires ont annoncé la dissolution des institutions. Ils demandent maintenant aux membres du gouvernement et aux officiers généraux de se rendre dans un camp militaire « pour assurer leur sécurité ». Quelques heures après l'annonce de la mort du général-président Lansana Conté, des militaires ont annoncé la dissolution des institutions. Sur RFI, le Premier ministre estime que le gouvernement qu'il dirige reste en place et que la transition va se poursuivre selon les règles constitutionnelles.

Les évènements se sont précipités depuis ce matin à Conakry.

Dernier épidode en date : le Premier ministre affirmait en début d'après-midi que des discussions étaient en cours entre forces loyalistes et putschistes. Pour le moment, la garde présidentielle n'a pas bougé et aucun mouvement n'est signalé dans les autres casernes du pays.

Les autorités militaires dans leur communiqué n° 3 interdisent tout attroupement, mais réaffirment dans un autre communiqué, leur attachement aux chartes de l’Union africaine, de la CEDEAO et des Nations unies et s’engagent à respecter tous les engagements signés par la Guinée.

Selon des sources militaires, les nouveaux visages auxquels il faudra désormais se familiariser sont pour la plupart issus du Bata (bataillon autonome des troupes aéroportées), le plus puissant bataillon autonome des troupes aéroportées, la principale unité d’élite de l’armée guinéenne.

En fin de matinée, les militaires putschistes ont demandé aux membres du gouvernement et à tous les officiers généraux de se rendre au principal camp militaire du pays, le camp Alfa Yaya Diallo à Conakry, et ce « en vue d'assurer leur sécurité ».

Dans ce même communiqué, le second de la journée émanant du CNDD, le Conseil national pour la démocratie et le développement « invite la paisible population de Conakry et de l'intérieur du pays à rester chez elle et à éviter tout acte de vandalisme et de pillage. Les regroupements sont formellement interdits ».

Après l'annonce du décès du président Lansana Conté, chacun s'attendait à ce que la constitution soit appliquée. Mais vers 7H30 en temps universel ce matin, une centaine de militaires, selon certains témoins sur place, se sont rendus au siège de la radio nationale.

 

 

Quelques minutes plus tard, le capitaine Moussa Dadis Camara, déclarait sur les ondes de Radio Conakry : « Le gouvernement et les institutions républicaines sont dissous », ajoutant qu'un « conseil consultatif » allait bientôt être mis en place, « composé de civils et militaires ».

Ce jeune militaire, qui était jusqu'à présent chef de la section carburant à l'intendance des armées, a également évoqué le « désespoir profond de la population » ainsi que la nécessité du « redressement économique et de la lutte contre la corruption ».

http://www.rfi.fr/actufr/articles/108/article_76433.asp

Le président Lansana Conté est mort

Le président guinéen, Lansana Conté, est décédé lundi soir des suites d'une grave maladie. Les hauts responsables du pays se sont rassemblés dans la nuit, à Conakry, pour évoquer la succession de l'ex-chef d'Etat. Le président de l'Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, assure la gestion des affaires du pays, comme prévu par la Constitution. Le Premier ministre a décrété un deuil national de quarante jours.

La mort du président guinéen a été annoncée par le président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, sur la télévision d’Etat guinéenne. « Nous avons le regret d’annoncer au peuple de Guinée le décès du général Lansana Conté des suites d’une longue maladie, à 18h45 » a-t-il déclaré.

Le Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, a ensuite confirmé la nouvelle à la télévision, puis le chef d'état-major. Aboubacar Somparé a demandé officiellement au président de la Cour suprême de constater la vacance du pouvoir et de faire appliquer la Constitution.

La procédure prévoit que le président de l’Assemblée nationale assure la gestion des affaires du pays et se charge d’organiser une élection présidentielle dans les soixante jours. En cas de vacances du pouvoir, le président de l’Assemblée nationale est en charge de la gestion des affaires du pays.

La succession

Au cours de la nuit, de hauts responsables du régime se sont réunis pour évoquer la succession du chef de l'Etat. Lansana Conté était resté pendant vingt-quatre ans au pouvoir. Le 3 avril 1984, juste après la mort du président Sékou Touré, un comité militaire de redressement national prenait le pouvoir en Guinée. Lansana Conté était alors porté à la tête de l'Etat par ses pairs. Il était alors un colonel plutôt discret.

Né en 1934 à Moussayah Loumbaya, il est d’ethnie Soussou. En 1955, il est incorporé dans l’armée française et affecté deux ans plus tard en Algérie, où il reste jusqu’à l’indépendance de la Guinée. Là, il rejoint la toute jeune armée nationale.

Le règne d'un « paysan-soldat »

Il aimait se décrire comme « un paysan-soldat, venu à la politique par accident ». Arrivé à la tête de l’Etat, il rompait, dans un premier temps, avec l’économie centralisée de Sékou Touré. En 1990, il faisait adopter une nouvelle constitution et en 1992, prononçait le multipartisme. Mais son régime prenait rapidement un visage plus radical.

Le colonel était élu président en 1993, puis réélu en 1998, à l’occasion d’un scrutin critiqué par l’opposition. Il était une nouvelle fois réélu fin 2003, à la faveur d’une modification de la Constitution qui lui permettait de briguer un nouveau mandat. Son état de santé avait causé de nombreuses rumeurs au cours des dernières années. Des rumeurs renforcées par sa très grande discrétion et son absence des réunions internationales. Mais le président guinéen laisse un pays frappé d’un fort retard en infrastructure, en dépit de ses ressources minières importantes, bauxite, or, fer et diamant.   

Dans sa déclaration à la télévision, dans la nuit de lundi à mardi, le Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, a lancé un appel au calme et demandé aux forces de sécurité de rester mobilisées. « En cette douloureuse circonstance, j’invite les braves populations guinéennes au calme et à la retenue, j’appelle les forces de défense et de sécurité à assurer la sécurité à nos frontières et le calme à l’intérieur du territoire national en mémoire de l’illustre disparu » 

http://www.rfi.fr/actufr/articles/108/article_76424.asp

Tentative de putsch en Guinée après la mort de Lansana Conté

Une tentative de putsch est en cours en Guinée, quelques heures après la mort à 74 ans du président Lansana Conté qui a dirigé d'une main de fer pendant près d'un quart de siècle ce pays d'Afrique de l'Ouest.

A Paris, les autorités françaises ont cependant déclaré en milieu de journée que les autorités légitimes paraissaient contrôler la situation à Conakry et dans le reste du pays, premier exportateur mondial de bauxite.

Un officier de l'armée guinéenne, le capitaine Moussa David Camara, a annoncé dans la matinée à la radio d'Etat la dissolution du gouvernement et la suspension de la constitution.

Il a fait état de la création d'un Conseil national pour la démocratie, chargé d'assurer l'intérim du pouvoir et de nommer dans les prochains jours un président et un gouvernement.

La diffusion de ce texte a créé la confusion à Conakry après l'annonce dans la nuit de la mort de Conté. Des militaires et des policiers étaient postés autour du palais présidentiel ainsi que de la banque centrale, ont rapporté des témoins.

Le président de l'Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, a déclaré que selon lui la majeure partie de l'armée était loyaliste et ne suivait pas le capitaine Camara.

"C'est une tentative de coup d'Etat", a-t-il dit à la chaîne de télévision française France 24. "Je ne pense pas que toute l'armée soit derrière (cette tentative) (...) C'est juste un groupe." Il a précisé que des discussions étaient en cours avec les putschistes.

La France "ne pourra pas se satisfaire d'une situation qui ne respecte pas l'ordre constitutionnel", a souligné à Paris Eric Chevallier, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Pour le moment, il semble que la situation soit calme à Conakry et dans le pays. (...) Il semble que les autorités légitimes ont le contrôle actuellement de la situation dans le pays", a-t-il précisé. "On en est à une revendication qui ne semble pas être suivie des faits."

Joints par Reuters à Conakry, des journalistes guinéens ont déclaré qu'un groupe de soldats avait fait irruption au siège de la radio et ordonné la diffusion du communiqué.

"CORRUPTION GÉNÉRALISÉE"

Le texte lu par le capitaine Camara annonce la suspension de la constitution et la dissolution du gouvernement. Un conseil de transition composé de militaires et de civils et reflétant "l'équilibre ethnique" doit être formé dans les prochains jours.

Camara a invoqué notamment "la corruption généralisée", l'impunité et l'anarchie ainsi qu'une "situation économique catastrophique" pour justifier la dissolution du gouvernement.

"Les membres de l'actuel gouvernement sont en grande partie responsables de cette crise économique et sociale sans précédent", accuse-t-il.

Le président Lansana Conté, qui vivait le plus souvent reclus ces dernières années, souffrait notamment de diabète. Il s'était rendu à de nombreuses reprises à l'étranger depuis 2002 pour des traitements médicaux, que ce soit au Maroc, à Cuba ou en Suisse.

Le Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, le président de l'Assemblée Aboubacar Somparé, le chef des forces armées Diarra Camara et d'autres hauts responsables étaient apparus dans la nuit à la télévision nationale à l'annonce de sa mort.

"J'ai la lourde et difficile tâche de vous informer avec une profonde tristesse du décès du général Lansana Conté, président de la République de Guinée, à la suite d'une longue maladie", a déclaré Somparé, qui a demandé à la Cour suprême de le nommer chef de l'Etat par intérim, conformément à l'article 34 de la constitution.

La constitution prévoit l'organisation d'une élection présidentielle dans un délai de 60 jours pour trouver un successeur à Conté, qui n'a jamais clairement désigné de "dauphin". Somparé a également annoncé un deuil national de 40 jours.

Un des dirigeants de l'opposition, Jean-Marie Doré, de l'Union pour le progrès de la Guinée (UPG), s'est déclaré attristé par la disparition d'un "compatriote".

"Le plus important est à venir: il faudra absolument que les institutions fonctionnent normalement et que les dispositions de la constitution soient respectées", a-t-il dit avant que des soldats ne prennent le contrôle de la radio publique.

Bien que le président se soit éteint lundi à 18h00 GMT, les autorités ont attendu la nuit, alors que la majeure partie du pays dormait, pour annoncer le décès.

December 21, 2008

Nkunda joue à la diversion

Il semble avoir perdu la boussole, le rebelle Nkunda. Il avait pourtant le vent en poupe dans toutes les chancelleries, depuis le déclenchement de son insurrection pour soi-disant protéger sa tribu, les Banyamulenge. De la défense d’une cause tribale, il en est arrivé à embraser la province du Nord-Kivu. Pour terminer, à Nairobi, il a exigé de faire tabula rasa de toutes les institutions de la République démocratiques issues des urnes. Nkunda, un insatiable, pour quelles causes ?

Versatile. L’adjectif n’est pas fort pour qualifier le comportement de Laurent Nkunda, leader rebelle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).

Abandonnant toutes les revendications antérieures qui ont justifié sa dissidence, la guerre qu’il mène contre les Forces armées de la République, des centaines de milliers de Congolais en errance dans le Nord-Kivu, sans compter des milliers de morts, le voici, à l’ultime étape des négociations de Nairobi, déplaçant le sujet de discussion pour une énième revendication.

En effet, au deuxième round des négociations, qu’il avait pourtant exigées avec le gouvernement de la République, Nkunda surprend même ses soutiens extérieurs.

A la séance de jeudi, il n’a exigé ni plus ni moins que la présence à la table de négociations, en qualité de co-facilitateurs ou observateurs Léon Kengo et Vital Kamerhe, les présidents de deux chambres du Parlement ainsi que les délégués de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) et de l’Opposition.

A travers la participation des deux chambres aux pourparlers de Nairobi, le CNDP espère légitimer l’éventuel accord qu’il devra signer avec le gouvernement. Il estime que cet accord impliquerait le vote de certaines lois. D’où nécessité de voir le Parlement s’imprégner, au préalable, de l’esprit et de la lettre dudit accord.

Cette vision n’a pas été partagée par la délégation de Kinshasa. «Le gouvernement est le seul à engager le pays face à ceux qui ont pris les armes», a-t-elle rétorqué. De même, la facilitation, présidée par Benjamin Mpaka, ancien président tanzanien et émissaire de l’Union africaine dans la crise du Nord-Kivu, aurait été irritée par l’insistance du CNDP. C’est pour cela qu’elle avait suspendu les discussions de jeudi, les renvoyant à hier vendredi.

Un combat sans visibilité

La versatilité du CNDP devient précocement légendaire. Le mouvement rebelle avait prétendu dès le début défendre les Tutsis Banyamulenge, qui auraient été, selon lui, marginalisés par le pouvoir. Sa deuxième exigence, par la suite, consistait à négocier avec Kinshasa pour parvenir à mettre un terme aux affrontements militaires qui ont causé 250 000 sans-abri au Nord-Kivu et près de deux millions de déplacés.

Maintenant que, grâce aux efforts diplomatiques déployés tant par l’Union africaine que par l’Union européenne et l’Onu, Kinshasa a accédé à la revendication du rebelle - négociation directe - Nkunda a exigé de négocier à Nairobi «la crise globale du pays», allant jusqu’à proposer la chute des animateurs et des institutions démocratiquement mis en place.

Or, le mandat de la facilitation ne concerne que la situation du Nord-Kivu. Ainsi, Nkunda n’ayant pas réussi à imposer sa volonté à la communauté internationale, revient aux prescrits du mandat d’Olusegun Obasandjo. Par réalisme tardif, sa délégation accepte de poursuivre les négociations selon le mandat qui a été confié à la facilitation, à savoir : la solution de la crise sécuritaire et humanitaire dans le Kivu.

Selon des chancelleries, le leader du CNDP exagère et exaspère. Il mène un combat sans plus de visibilité. Ses incessantes revendications, vite oubliées pour être remplacées par de nouvelles, sont assimilables à de la distraction. Le temps mort qu’il veut se donner, par des volte-face spectaculaires, est un leurre imaginé pour servir longtemps encore les trafiquants du coltan de sa zone d’influence. Il s’emploie à tirer les choses en longueur dans le dessein d’imposer la balkanisation de la RDC. Les négociations de Nairobi tendent vers un échec.

Dans tous les cas, quelque longue soit la nuit, dit le sage, le soleil finit par poindre. La versatilité de Nkunda laisse tomber ses masques et trahit éloquemment ses intentions.

Par Le Potentiel

© Copyright Le Potentiel

Laurent Gbagbo doit-il dénoncer le rebelle Guillaume Soro ?

Qui était Kragbé Gnagbé ? Le portrait succinct laissé par l`histoire révèle que l`homme était un sécessionniste, un séditieux et un anarchiste. Nous sommes en 1970. Kragbé Gnagbé, natif du village de Gaba, dans le canton guébié, et une centaine de membres de son parti interdit (le Parti national africain ou PANA), armés de fusils et de machettes, assiègent la ville de Gagnoa. Ils descendent le drapeau tricolore, symbole de la nation ivoirienne et érigent leur propre drapeau sur les mâts de la sous-préfecture, du commissariat de police. Kragbé Gnagbé proclame la "République" d`Eburnie, dont il s`autoproclame chancelier. Il publie un manifeste " La proclamation aux tribus d`Eburnie " et une "Constitution" qu`il appelle " La loi organique de l`Etat d`Eburnie ". Dans son manifeste qui rappelle un certain " Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j`avance ", il déclare solennellement qu` " il faut se battre avec tous les moyens, même avec nos mains nues, dussions-nous y mettre le prix en hommes et en sang. Le sang parle mieux aux masses, car c`est le langage de la politique ". Il ordonne une purge ethnique sur la base d`un tract qui dénonçait " le vol des terres des paysans bété par les allogènes baoulé avec la complicité du pouvoir central ". Le gouvernement de Houphouët-Boigny qu`il ne reconnaît pas, dépêche alors le commandant du corps urbain Obou Kouassi (père d`un célèbre footballeur international qui a fait les beaux jours des Eléphants de Côte d`Ivoire afin de négocier une trêve avec les sécessionnistes. Ce dernier est capturé, séquestré, torturé (il a été émasculé et ses parties intimes ont été enfouies dans sa bouche) et finalement décapité. Son nom y serait pour quelque chose. Une grave méprise puisqu`il était originaire de Daloa…Le pouvoir du Parti démocratique de Côte d`Ivoire (PDCI) prend dès lors la menace sécessionniste très au sérieux. Kragbé Gnagbé et son armée se retirent dans un maquis situé entre les villages de Bobia, de Dikouéhipalégnoa et de Tipadipa, dans les cantons Pacolo et Guébié. Kragbé avait été chassé de son village par ses parents quelques mois plus tôt après son arrestation et sa libération. Ceux-ci dénonçaient sa propension séditieuse et les exactions (racket des paysans à travers des impôts sauvages, menaces contre ceux qu`il accusait de collaborer avec le pouvoir PDCI, etc.). Kragbé Gnagbé et son armée se livrent dès lors aux premiers massacres en masse de populations allochtones traitées de suppôts du pouvoir central et des autochtones accusés de collaboration avec " l`ennemi ". Dans les villages et sur les routes, l`armée de Kragbé Gnagbé contrôle les identités et passe systématiquement à l`arme à feu ou à l`arme blanche, les " ennemis ". Une semaine après le siège de Gagnoa, l`armée nationale conduite par l`officier Gaston Ouassénan Koné, prend le contrôle de la région sécessionniste. Kragbé Gnagbé est éliminé dans des circonstances encore floues. C`est la fin d`une aventure sanglante qui a commencé en août 1966, au retour du jeune intellectuel Kragbé Gnagbé en Côte d`Ivoire, après des études en occident. Kragbé Gnagbé s`est avéré en définitive, un dangereux tribaliste doublé d`un piètre sécessionniste. Il était plus qu`un rebelle puisqu`il avait franchi le cap de la rébellion pour proclamer sa "République". C`est cet homme extrêmement dangereux dont les actions séditieuses ont été matées (un rebelle ça se mate, sinon ça discute avec lui ; c`est un principe de la science politique) par Houphouët-Boigny dont l`héritage est aujourd`hui revendiqué par Laurent Gbagbo. Rien d`étonnant, en fin de compte. Mais alors, pourquoi dénoncer Guillaume Soro, le patron d`une rébellion qui n`est pas pour autant glorieuse ?

André Silver Konan
kandresilver@yahoo.fr

 

© Copyright Le Nouveau Réveil

Laurent Gbagbo doit-il dénoncer le rebelle Guillaume Soro ?

Qui était Kragbé Gnagbé ? Le portrait succinct laissé par l`histoire révèle que l`homme était un sécessionniste, un séditieux et un anarchiste. Nous sommes en 1970. Kragbé Gnagbé, natif du village de Gaba, dans le canton guébié, et une centaine de membres de son parti interdit (le Parti national africain ou PANA), armés de fusils et de machettes, assiègent la ville de Gagnoa. Ils descendent le drapeau tricolore, symbole de la nation ivoirienne et érigent leur propre drapeau sur les mâts de la sous-préfecture, du commissariat de police. Kragbé Gnagbé proclame la "République" d`Eburnie, dont il s`autoproclame chancelier. Il publie un manifeste " La proclamation aux tribus d`Eburnie " et une "Constitution" qu`il appelle " La loi organique de l`Etat d`Eburnie ". Dans son manifeste qui rappelle un certain " Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j`avance ", il déclare solennellement qu` " il faut se battre avec tous les moyens, même avec nos mains nues, dussions-nous y mettre le prix en hommes et en sang. Le sang parle mieux aux masses, car c`est le langage de la politique ". Il ordonne une purge ethnique sur la base d`un tract qui dénonçait " le vol des terres des paysans bété par les allogènes baoulé avec la complicité du pouvoir central ". Le gouvernement de Houphouët-Boigny qu`il ne reconnaît pas, dépêche alors le commandant du corps urbain Obou Kouassi (père d`un célèbre footballeur international qui a fait les beaux jours des Eléphants de Côte d`Ivoire afin de négocier une trêve avec les sécessionnistes. Ce dernier est capturé, séquestré, torturé (il a été émasculé et ses parties intimes ont été enfouies dans sa bouche) et finalement décapité. Son nom y serait pour quelque chose. Une grave méprise puisqu`il était originaire de Daloa…Le pouvoir du Parti démocratique de Côte d`Ivoire (PDCI) prend dès lors la menace sécessionniste très au sérieux. Kragbé Gnagbé et son armée se retirent dans un maquis situé entre les villages de Bobia, de Dikouéhipalégnoa et de Tipadipa, dans les cantons Pacolo et Guébié. Kragbé avait été chassé de son village par ses parents quelques mois plus tôt après son arrestation et sa libération. Ceux-ci dénonçaient sa propension séditieuse et les exactions (racket des paysans à travers des impôts sauvages, menaces contre ceux qu`il accusait de collaborer avec le pouvoir PDCI, etc.). Kragbé Gnagbé et son armée se livrent dès lors aux premiers massacres en masse de populations allochtones traitées de suppôts du pouvoir central et des autochtones accusés de collaboration avec " l`ennemi ". Dans les villages et sur les routes, l`armée de Kragbé Gnagbé contrôle les identités et passe systématiquement à l`arme à feu ou à l`arme blanche, les " ennemis ". Une semaine après le siège de Gagnoa, l`armée nationale conduite par l`officier Gaston Ouassénan Koné, prend le contrôle de la région sécessionniste. Kragbé Gnagbé est éliminé dans des circonstances encore floues. C`est la fin d`une aventure sanglante qui a commencé en août 1966, au retour du jeune intellectuel Kragbé Gnagbé en Côte d`Ivoire, après des études en occident. Kragbé Gnagbé s`est avéré en définitive, un dangereux tribaliste doublé d`un piètre sécessionniste. Il était plus qu`un rebelle puisqu`il avait franchi le cap de la rébellion pour proclamer sa "République". C`est cet homme extrêmement dangereux dont les actions séditieuses ont été matées (un rebelle ça se mate, sinon ça discute avec lui ; c`est un principe de la science politique) par Houphouët-Boigny dont l`héritage est aujourd`hui revendiqué par Laurent Gbagbo. Rien d`étonnant, en fin de compte. Mais alors, pourquoi dénoncer Guillaume Soro, le patron d`une rébellion qui n`est pas pour autant glorieuse ?

André Silver Konan
kandresilver@yahoo.fr

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Mugabe: "Le Zimbabwe est à moi"

Le président Robert Mugabe a déclaré vendredi que le Zimbabwe lui appartenait et qu'il ne se rendrait jamais, mettant au défi les pays africains de le renverser.

"Je ne vendrai jamais, jamais mon pays. Je ne me rendrai jamais, jamais, jamais. Le Zimbabwe est à moi. Je suis le Zimbabwe. Le Zimbabwe aux Zimbabwéens. Jamais le Zimbabwe aux Britanniques. La Grande-Bretagne aux Britanniques", a-t-il lancé.

Aux commandes du Zimbabwe depuis son indépendance de la couronne britannique en 1980, Robert Mugabe est critiqué de toutes parts en raison de la crise politique et économique aiguë que traverse le pays, et de la dégradation des conditions de vie de la population largement responsable de l'épidémie de choléra qui a fait plus d'un millier de morts depuis août.

Le secrétaire d'Etat adjoint américain aux affaires africaines, Jendayi Frazer, a estimé jeudi que le Zimbabwe se trouvait "en plein effondrement". Il a appelé à la démission de Robert Mugabe ou à "une action" de la communauté internationale.

"Ce que les Américains veulent, c'est le départ du président Mugabe. Mais le président Mugabe a été élu par son peuple et nous leur avons dit ce que nous avons dit aux Européens: que les seules personnes ayant le pouvoir de faire partir Robert Gabriel Mugabe sont le peuple du Zimbabwe", a lancé le-dit Robert Mugabe à ses partisans réunis à Harare jusqu'à dimanche inclus pour le congrès annuel de son parti, la ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique).

Et de demander quels pays africains "auraient le courage" de lancer une intervention militaire. La plupart des pays voisins du Zimbabwe, y compris la puissante Afrique du Sud, sont opposés à une opération militaire contre le Zimbabwe. Robert Mugabe reste en outre auréolé dans la région de son prestige de héros de l'indépendance. Le président sud-africain Kgalema Motlanthe a réaffirmé jeudi la nécessité de mettre en oeuvre au plus vite l'accord de partage du pouvoir conclu en septembre par le camp Mugabe et l'opposition conduite par Morgan Tsvangirai.

Ce dernier a déclaré vendredi depuis le Botswana voisin qu'il demanderait à son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de refuser de négocier si les prisonniers politiques -plus de 42 en deux mois selon lui- n'étaient pas relâchés ou inculpés d'ici au 1er janvier.

Les chefs de la diplomatie des pays nordiques (Danemark, Norvège, Suède, Finlande, Islande) ont publié vendredi un communiqué appelant à la fin de la "mauvaise gouvernance" Mugabe et estimant que le régime de Harare "porte seul la responsabilité de la situation tragique" du Zimbabwe.

Signe de la crise économique qui frappe le Zimbabwe, la Banque centrale a dévoilé vendredi un nouveau billet, d'une valeur de 10 milliards de dollars zimbabwéens. De la roupie de sansonnet quand l'inflation dépasse les 231 millions pour cent. AP

Mugabe annonce des élections au Zimbabwe

Le président Robert Mugabe a laissé entendre samedi qu'il était favorable à de nouvelles élections au Zimbabwe, en invitant son parti à ne pas répéter la défaite électorale essuyée en mars dernier.

Mugabe s'exprimait samedi à l'issue de deux jours de conférence de son parti, le ZANU-PF. Il a indiqué à environ 5.000 de ses partisans que de nouvelles élections auraient lieu si le projet de partage du pouvoir devait échouer.

L'accord de partage du pouvoir au sein d'un gouvernement d'unité signé en septembre par le président avec son principal opposant, Morgan Tsvangirai, a capoté sur l'impossibilité de s'entendre sur la distribution des ministères. Les dernières violences dans le pays font douter de la possibilité réelle d'appliquer l'accord. De nombreux opposants ont subi des attaques ces dernières semaines, d'après les mouvements de défense des droits de l'Homme.

"Le Mouvement pour le changement démocratique ne peut pas rester à la table des négociations avec un parti qui enlève nos membres et d'autres civils innocents et refuse de les mener devant un tribunal" a commenté le leader du MDC, Morgan Tsvangirai.

L'impasse politique laisse les citoyens du Zimbabwe sans direction face au chaos de l'économie et en proie à une crise humanitaire.

Mugabe, dans un discours, a invité les vétérans de la guerre d'indépendance auxquels il a distribué des fermes à ne pas se laisser surprendre par une nouvelle élection qui pourrait aboutir à la confiscation de leurs terres. "Nous ne devons pas nous laisser prendre par surprise cette fois" a déclaré le président contesté.

A propos de George W. Bush et Gordon Brown, il a raillé : "Ils vont vers leurs tombes politiques, tandis que je resterais le président de ce pays". AP

Le président mauritanien emmené par la police vers Nouakchott en pleine nuit

La fille du président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi affirme que son père a été emmené par la police de son village où il était assigné à résidence, en pleine nuit ce dimanche.

Un policier ne souhaitant pas être identifié a précisé à l'Associated Press que le président Sidi Cheikh Abdallahi avait été placé en détention vers 3h30 heure locale (1h30 GMT) dimanche matin. Il a été emmené vers la capitale Nouakchott où il devrait être libéré.

Renversé par la junte militaire le 6 août, le président démocratiquement élu était en résidence surveillée depuis le 13 novembre.

Les Etats-Unis et la France ont annulé leur aide au pays après le coup d'Etat, en demandant la libération du président. Il était depuis cinq mois et demi sous surveillance constante, d'abord dans sa villa de Nouakchott puis dans son village natal. AP

December 19, 2008

Rwanda: Théoneste Bagosora, "cerveau" du génocide, condamné à la prison à vie

Le colonel Théoneste Bagosora, présenté comme le "cerveau" du génocide de 1994 au Rwanda, a été condamné jeudi à la prison à vie au terme du procès phare du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui siège à Arusha, dans le nord de la Tanzanie.

Deux autres accusés, l'ex-commandant des opérations dans le secteur militaire de Gisenyi (nord-ouest), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, et le chef du bataillon para-commando dans la zone de l'aéroport de Kigali, le major Aloys Ntabakuze, ont été condamnés à la même peine, également pour "génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre".

Le tribunal les a toutefois "acquittés" du crime d'"entente en vue de commettre un génocide" avant le 7 avril 1994, une qualification recouvrant l'élaboration collective du projet génocidaire et les préparatifs nécessaires en vue de son exécution.

 

Le tribunal a également acquitté le quatrième accusé du procès, l'ancien responsable des opérations militaires à l'état-major de l'armée, le brigadier général Gratien Kabiligi, et a "ordonné sa remise en liberté immédiate".

 

"La justice a été rendue. Nous sommes satisfaits", a réagi Aloys Mutabingwa, représentant du gouvernement rwandais auprès du TPIR.

 

"Bagosora a décidé de faire appel. C'est la déception", a annoncé son principal avocat, Me Raphaël Constant. "Je constate quand même que le chef d'entente en vue de commettre le génocide n'a pas été retenu. C'est ce qui est important (...), c'est une remise en cause de toute l'historiographie du Rwanda".

 

Jusqu'à ce jour, aucun accusé du TPIR n'a été reconnu coupable de ce crime, pourtant jugé dans presque toutes les affaires.

 

"La chambre a conclu que Bagosora avait de l'autorité sur les génocidaires. (...) Dès qu'il y a génocide, la question de la planification ne se pose plus. Il ne peut y avoir de génocide sans planification", a toutefois estimé M. Mutabingwa.

 

Le colonel Bagosora, un Hutu de 67 ans, ex-directeur de cabinet au ministère de la Défense à l'époque du génocide, avait été présenté comme le "cerveau" des massacres par le parquet tout au long du procès débuté en 2002. Le génocide, perpétré en trois mois, a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts parmi la minorité tutsi et les Hutu modérés.

 

La chambre a considéré que M. Bagosora dirigeait de facto l'armée rwandaise après l'attentat le 6 avril 1994 contre l'avion du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, qui avait servi de détonateur au génocide.

 

Le chef d'état-major de l'armée rwandaise, le colonel Déogratias Nsabimana, avait également péri dans l'attentat.

 

Le tribunal a conclu à la responsabilité de M. Bagosora dans l'assassinat le 7 avril, par des éléments de l'armée rwandaise, du Premier ministre de l'époque, Agathe Uwilingiyimana, perçue comme trop modérée par la frange extrémiste du régime hutu.

 

Sa responsabilité est également retenue dans les assassinats ciblés de différentes personnalités politiques.

 

La chambre l'a également jugé coupable pour son implication dans l'assassinat de 10 Casques bleus belges le 7 avril dans un camp militaire de Kigali et les massacres de Tutsi à des barrages routiers à Kigali et dans sa région de Gisenyi.

 

Pour l'accusation, l'assassinat des Casques bleus visait à provoquer le retrait de la force de l'ONU afin de laisser le champ libre à la machine à tuer.

 

Le 13 avril, la Belgique, dont le contingent était le mieux équipé et le plus efficace de la Mission des Nations unies au Rwanda, annonçait au Conseil de sécurité qu'elle retirait ses troupes.

 

Selon l'accusation, le colonel avait annoncé en 1993, en claquant la porte des négociations avec la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd'hui au pouvoir à Kigali), qu'il retournait au Rwanda pour "préparer l'apocalypse", c'est-à-dire le génocide.

 

M. Bagosora, qui clame son innocence, a toujours refusé de qualifier de génocide les événements de 1994 et nie avoir jamais prononcé ces paroles.

AFP

Wade estime que Mugabe doit quitter le pouvoir, avec une "porte de sortie"

Le président sénégalais Abdoulaye Wade estime que son homologue zimbabwéen Robert Mugabe doit quitter le pouvoir, mais juge qu'il faut "lui aménager une porte de sortie" et lui garantir une immunité dans son pays, dans un entretien au quotidien français La Croix à paraître vendredi.

"J'ai soutenu dans le passé le président Mugabe. Mais je ne suis pas loin de croire aujourd'hui qu'il constitue le problème du Zimbabwe. Personnellement, je pense qu'il faudrait qu'il parte", a déclaré M. Wade.

 

"Si je retourne au Zimbabwe, ce sera pour conseiller fortement à Robert Mugabe de partir", a-t-il ajouté.

 

"J'ai cru qu'il allait accepter de faire des concessions, accepter une transition douce, mais il refuse. Alors que l'opposant Morgan Tsvangirai, qui est un homme modéré, a fait d'importantes concessions", a encore commenté M. Wade.

 

Toutefois, a souligné le président sénégalais, Robert Mugabe est "une figure historique" et "ne mérite pas d'être jeté par la fenêtre".

 

"Il faut lui aménager une porte de sortie et lui garantir qu'il ne sera pas poursuivi dans son pays. Beaucoup de chefs d'État ont refusé de partir par crainte de poursuites judiciaires", a encore dit Abdoulaye Wade.

 

Le président Wade est intervenu à plusieurs reprises dans le dossier zimbabwéen, se prononçant notamment contre des sanctions visant le régime d'Harare et en faveur d'un partage du pouvoir.

 

Le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France, le Canada, et l'Australie ont demandé à M. Mugabe de quitter la présidence, alors que son pays traverse une grave crise politique depuis les élections générales de mars et connaît une hyperinflation inouïe de 231 millions pour cent ainsi qu'une crise humanitaire sans précédent qui affecte aussi les pays voisins.

2008 AFP

December 10, 2008

Centrafrique: des opposants réclament la démission du président

Des partis de l'opposition centrafricaine, regroupés dans l'Union des forces vives de la Nation (UFVN), ont réclamé mercredi la démission du président François Bozizé, au pouvoir depuis 2003, lors du Dialogue politique inclusif, forum sur la paix dans leur pays.

"Le président de la République doit démissionner à cause de ses violations répétées de la Constitution qui sont à la source des souffrances du peuple centrafricain", selon le message de l'UFVN lu par son coordonnateur, Me Henri Pouzère, devant quelque 200 participants à ce forum ouvert lundi et rassemblant jusqu'au 20 décembre pouvoir, opposition, rébellions et société civile.

 

M. Bozizé, qui a renversé le président Ange-Félix Patassé en mars 2003 puis a été élu en mai 2005, "doit démissionner pour sauver l'unité du pays gravement menacé", a ajouté Me Pouzère, provoquant des réactions courroucées de membres du gouvernement et de la majorité présidentielle.

 

Un message de l'ex-président centrafricain (1981-1993) André Kolingba, actuellement en France pour raisons de santé, a aussi été lu au Dialogue par un responsable de son parti (Rassemblement démocratique centrafricain, RDC), membre de l'UFVN.

 

"Nous devons arrêter l'hémorragie aux plans politique, économique et redonner espoir au peuple centrafricain. Je propose donc clairement qu'on aille à une transition politique dont les contours seront définis par vos travaux", a-t-il déclaré.

 

Le Dialogue est censé permettre à la Centrafrique, pays pauvre et enclavé, de sortir de ses difficultés financières et sociales, rébellions et insécurité, affectant notamment sa partie Nord depuis 2005.

December 08, 2008

Zimbabwe : Mugabe incapable de résoudre la crise, accusent Annan et Carter

Kofi Annan, Jimmy Carter et d'autres personnalités éminentes du groupe The Elders (Les Anciens) ont accusé dimanche Robert Mugabe d'être incapable de résoudre la grave crise humanitaire au Zimbabwe, en proie à une épidémie de choléra qui déjà fait près de 600 morts

Ce groupe réunissant douze anciens chefs d'Etat et grandes figures du militantisme pour la paix et les droits de l'homme, lancé par Nelson Mandela en 2007, a publié dimanche à Johannesburg un rapport accablant pour le régime Mugabe.

"Ce gouvernement n'a pas démontré qu'il était capable de sortir le pays de la crise en cours", a déclaré M. Annan, cité dans le document.

"Il faut accélérer le processus de transition politique vers un gouvernement d'union et j'appelle les dirigeants de la SADC (la Communauté de développement d'Afrique australe) à faire pression plus activement en ce sens", a ajouté l'ancien secrétaire général de l'ONU.

Cette pression émanant de personnalités respectées de la scène internationale s'ajoute à celle de plus en plus vigoureusement exercée sur le président Mugabe par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui ont réclamé son départ.

L'Union européenne, pour sa part, a menacé de renforcer ses sanctions en raison de l'échec des négociations pour former un gouvernement d'union avec l'opposition.

Pour l'ancien président américain Jimmy Carter, également cité dans le rapport, "le régime (zimbabwéen) est dans le déni de ce qui se passe dans le pays". "L'épidémie de choléra a montré à quel point la situation était devenue grave au Zimbabwe", déplore-t-il.

Si le dernier bilan de l'ONU fait état de 575 morts et de 12.700 personnes infectées par le choléra, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a estimé dimanche que le bilan réel était nettement plus lourd, et redoute un quintuplement du nombre de cas à 60.000 personnes.

L'Afrique du Sud, où des cas de choléra sont apparus, doit envoyer lundi une délégation officielle au Zimbabwe pour évaluer la situation sanitaire, et une réunion d'urgence de plusieurs ministres de la Santé et de l'Eau de la SADC doit avoir lieu jeudi à Johannesburg.

"Les Zimbabwéens sont les premières victimes de l'incapacité de leur gouvernement, mais toute la région va en payer le prix", avertit le rapport des Anciens. "Trois à quatre millions de personnes ont fui le pays, vers l'Afrique du Sud, le Botswana, le Mozambique et la Grande-Bretagne", "la détérioration du système de santé et des infrastructures de distribution d'eau ont provoqué une épidémie de choléra qui risque de s'étendre à l'échelle régionale".

Avant de rédiger ce rapport, les Anciens ont rencontré pendant trois jours à Johannesburg des responsables politiques, de la société civile et du monde des affaires zimbabwéens, ainsi que des travailleurs humanitaires et des responsables des agences de l'ONU.

Kofi Annan, Jimmy Carter et la militante des droits de l'homme Graça Machel, épouse de Nelson Mandela, avaient voulu se rendre au Zimbabwe en novembre, mais s'étaient vu refuser leurs visas par les autorités de Harare qui les avait accusés de comploter pour renverser Mugabe.

"Nous nous attendions à une situation bien sombre, mais cela va bien au-delà de ce que nous imaginions", a déclaré Mme Machel, également citée dans le rapport.

"J'aimerais que tous les dirigeants de la SADC se rendent au Zimbabwe pour évaluer par eux-mêmes la situation humanitaire. Les responsables zimbabwéens n'arrivent pas à faire face et la région ne peut pas ignorer plus longtemps les souffrances de millions de personnes", a-t-elle dit.

Le rapport des Anciens appelle à augmenter d'urgence l'aide humanitaire au Zimbabwe, qui nécessite nourriture et assistance médicale.

Les Anciens doivent rencontrer le président français Nicolas Sarkozy lundi à Paris, à l'occasion des cérémonies du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme.

Kinshasa invite une vingtaine de groupes armés aux discussions

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a invité une vingtaine de groupes armés à participer à des discussions avec la rébellion tutsie afin de faire cesser les affrontements dans la province du Nord-Kivu, annonce le ministre de l'Information.

Le chef des insurgés tutsis, le général Laurent Nkunda, n'a cessé de réclamer des négociations directes avec le président Joseph Kabila après avoir lancé, fin août, une nouvelle offensive qui a contraint 250.000 habitants de l'est de la RDC à fuir face aux violences.

Mis en déroute de manière répétée par les combattants de Nkunda, le gouvernement a apparemment accepté vendredi cette revendication en annonçant qu'il enverrait le lundi 8 décembre une délégation au Kenya pour rencontrer les rebelles.

Le ministre de l'Information, Lambert Mende, a déclaré dimanche que d'autres groupes armés signataires en janvier d'un accord de paix participeraient à la réunion de Nairobi.

"Il y a une vingtaine d'entre eux (...) Nous ne voulons laisser personne en dehors", a-t-il dit à Reuters.

Kabila et Nkunda ne devraient pas assister à la réunion de Nairobi.

Un porte-parole du Congrès pour la défense du peuple (CNDP) de Nkunda a déclaré que la délégation de rebelles n'avait pas encore été informée de la décision d'inviter d'autres groupes, notamment des milices pro-gouvernementales.

"PAS DANS LA BONNE DIRECTION"

Nkunda a jugé partial l'accord de janvier, appelé "Amani" ("Paix" en swahili) et il l'a rejeté.

"Notre position est très claire. Nous négocierons avec le gouvernement et avec personne d'autre", a déclaré à Reuters à Nairobi Bertrand Bisimwa, du CNDP.

"Le gouvernement peut négocier avec qui il veut, mais toute tentative de nous imposer l'Amami est vouée à l'échec", a-t-il prévenu.

Nkunda a proclamé fin octobre un cessez-le-feu unilatéral alors que ses hommes étaient sur le point de s'emparer de Goma, le chef-lieu de la province.

Le cessez-le-feu a été dans l'ensemble respecté par les rebelles et par l'armée, mais des heurts se sont poursuivis entre les combattants de Nkunda, d'une part, et d'autre part les Mai Mai, une milice locale, et des rebelles hutus rwandais qui apportent ponctuellement leur soutien à l'armée gouvernementale, faible et indisciplinée.

Des responsables gouvernementaux et des représentants des rebelles ont souligné que le principal objectif des discussions de lundi était de consolider le cessez-le-feu et d'y associer d'autres groupes.

Observateurs et diplomates ont réservé un accueil prudent à la réunion qu'ils considèrent comme une première étape pour désamorcer les tensions.

"Ce qui compte, c'est que le gouvernement et le CNDP vont se parler. C'est ce qui apparemment va se passer. Et c'est un pas dans la bonne direction", dit un diplomate occidental.

Version française Nicole Dupont

http://fr.news.yahoo.com/4/20081207/twl-rdc-bd5ae06.html

December 03, 2008

Plainte contre trois chefs d'Etat africains en France

Une plainte avec constitution de partie civile visant le patrimoine immobilier en France de trois chefs d'Etat africains a été déposée mardi à Paris pour "recel de détournement de fonds publics" par deux associations et un citoyen gabonais.

Cette procédure, qui dure depuis un an et demi, vise les présidents du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la Guinée équatoriale, trois pays pétroliers.

Une plainte avec constitution de partie civile entraîne quasi-automatiquement la désignation d'un juge d'instruction. Le président du Gabon, Omar Bongo, a aussitôt annoncé par l'intermédiaire de son avocat français, Me Patrick Maisonneuve, qu'il allait riposter par une autre plainte en diffamation.

Omar Bongo nie toute malversation et reproche au journal Le Monde d'avoir publié des propos de Me William Bourdon, avocat de ses contradicteurs, faisant état de pressions et de propositions financières pour qu'il renonce à la procédure.

"Je m'inscris en faux sur le fait que les autorités gabonaises auraient tenté de faire pression sur les représentants d'association et notamment sur Me Bourdon", a dit Me Maisonneuve à la presse.

Les deux Organisations non gouvernementales plaignantes, Transparence International France et Sherpa, estiment dans un communiqué que les présidents n'ont pu acquérir grâce à leurs salaires le colossal patrimoine immobilier détenu en France.

"Il n'y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n'a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d'Etat, au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics", écrivent-elles.

DEUX PLAINTES DÉJÀ CLASSÉES SANS SUITE

Deux premières plaintes dites "simples" avaient été déposées auprès du parquet sur les mêmes faits en mars 2007 et juillet 2008. Le procureur les a classées sans suite, estimant que les indices d'infraction étaient insuffisants.

Outre Omar Bongo, sont visés le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, et celui de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbassogo.

Les plaignants s'appuient sur les résultats d'une enquête préliminaire de police diligentée par le parquet en 2007 qui a établi un état des biens détenus par les trois chefs d'Etat.

Le rapport de police répertorie 39 appartements, hôtels particuliers et maisons, 70 comptes bancaires et neuf voitures possédés en France par Omar Bongo, au pouvoir depuis 41 ans, et ses proches.

Selon la police, le président gabonais possède en propre 17 propriétés immobilières, dont un hôtel particulier près des Champs-Elysées acquis pour 18,875 millions d'euros en juin 2007. Il a en outre deux appartements avenue Foch de 88 et 210 m2 et un autre de 219 m2 dans le XVIe arrondissement de la capitale.

Sur la Côte d'Azur, il détient deux appartements de 170 m2 et 100 m2, et trois maisons dont une de 176 m2.

Omar Bongo a été l'un des premiers chefs d'Etat reçus officiellement par Nicolas Sarkozy à Paris après son élection.

Denis Sassou Nguesso, revenu au pouvoir à Brazzaville en 1997 après une guerre civile, possède de son côté, selon la police, 24 propriétés et 112 comptes bancaires en France.

Il a une maison de 485 m2 au Vésinet (Yvelines) et un logement de neuf pièces dans le XVIIe arrondissement de Paris acheté 2,47 millions d'euros. Un hôtel particulier de sept pièces avec piscine à Neuilly a été acquis pour 3,15 millions d'euros en 2006 par sa fille cadette Julienne.

Teodoro Obiang possède plusieurs voitures de luxe, dont trois Bugatti, et un logement.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser